Éditions Academia.

Le pisseux de Damienne Lecat.


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Catégorie : Roman et Littérature.




Résumé :

Belle-doche, salope ! Éric, gamin sensible et intelligent, invective en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père ne veut rien savoir, sa grande soeur Anne essaie de le protéger.
Encore une qui va me faire chier ! 
Cinquante ans plus tard, Éric, misanthrope, ne supporte ni sa nouvelle voisine qui essaie de s’immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui s’occupe de lui.
Un même personnage, une alternance de deux époques, pour un drame psychologique caustique et poétique.





Avis :

Je remercie les Éditions Academia de m’avoir confié ce service presse, mais également pour leur confiance renouvelée. Je dois vous avouer qu’en tout premier lieu, c’est le titre du roman qui m’a interpellée, et qu’ensuite la quatrième de couverture m’a confortée dans mon choix. Évidemment, le sujet abordé est délicat, voire tabou, mais j’étais certaine que l’auteure parviendrait à me faire rire !

Nous faisons donc la connaissance d’Éric, la cinquantaine bien tassée, qui ne supporte pas la compagnie d’autrui. Peut-être se répète-t-il comme un mantra : « Mieux vaut vivre seul que mal accompagné ». C’est un être misanthrope qui est incapable de faire la moindre concession. Il ne demande rien à personne et souhaite profiter de sa solitude selon un rituel bien établi. Sa sœur, Anne, n’est pas dans ses bonnes grâces non plus. Malgré toutes les attentions qu’elle lui prête, il tolère à peine sa présence.

Un évènement de taille va perturber le quotidien bien huilé d’Éric : une nouvelle voisine frappe à sa porte pour se présenter. Cette dernière comprend rapidement qu’elle n’est pas la bienvenue chez lui. Et, il ne compte pas lui donner l’occasion de marcher sur ses plates-bandes. Qu’on se le dise !

Damienne Lecat alterne les passages entre présent et passé afin que nous puissions mesurer le calvaire que notre quinquagénaire a subi durant son enfance. Nous ne pouvons pas exclure que son comportement actuel soit le résultat d’un traumatisme profond.

Effectivement, son existence n’a pas été un long fleuve tranquille. Qui pouvait prévoir qu’après le décès de sa première épouse et mère de ses enfants, son père se remarierait avec une femme sans cœur, qui abusera de son autorité pour infliger à Éric sévices et humiliations ? Le pauvre garçon est un être sensible, vif et intelligent, mais il n’a qu’un seul défaut : il souffre d’énurésie ! Au lieu de chercher à connaître et essayer de résoudre la source du problème, il deviendra le souffre-douleur de cette belle-mère acariâtre ! Aussi, Éric ne se privera-t-il pas de la rebaptiser de surnoms très éloquents comme :  » belle-doche », « salope »!

Même s’il demeure impuissant face à l’acharnement de sa tortionnaire, la qualifier de tous ces noms d’oiseaux lui apporte un réel réconfort. Cela dit, la prudence reste de mise ! Si son bourreau venait à apprendre comment il la surnomme, la sentence serait sans pitié !

Damienne Lecat aborde des thèmes délicats avec une extrême justesse. Malgré le côté tragique de certaines situations, elle distille beaucoup d’humour et le place à bon escient afin d’alléger considérablement l’atmosphère.

Plusieurs femmes ont traversé l’existence d’Éric, mais aucune n’a pu, ou su, lui apporter l’amour et l’affection dont il avait besoin.

Prune parviendra-t-elle à faire sortir cet ermite de sa coquille ? Sera-t-il apte à offrir sa confiance à autrui ? Le pari est osé ! Et si la venue de cette nouvelle voisine n’était pas simplement due au hasard ?

Un personnage touchant, malgré son caractère de cochon et son allure d’ours mal léché.

Une histoire alternant habilement émotion et humour.

Un ouvrage prenant et émouvant qui ne laissera personne indifférent.

Une très belle lecture que je conseille vivement.


Ce roman est d’ailleurs en lice pour le « prix des lycéens 2020 »





Extraits et citations :

« Il a failli dire « belle-doche », il s’est repris juste à temps. »


« Éric attend qu’elles s’en aillent toutes les deux. Jamais autant de femelles n’ont foulé le sol de son appartement, c’est difficilement supportable ; d’ailleurs, il sent son vieil urticaire disparu depuis longtemps réapparaître. »

@Damienne Lecat

Note : 5/5


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